A venir – « L’art en Broderie au Moyen-Age », Musée de Cluny

16/06/2019

Musée de Cluny, Paris – 24 octobre 2019 – 20 janvier 2020


Scène des vies du bienheureux Pierre Igné, des saints Jean Gualbert, Verdiane et Humilité : Prédication de saint Jean Gualbert / Florence, milieu du 14e siècle ( 31.6 x 45.2 cm)
Soies polychromes, filés or et argent sur toiles de lin et de coton; point fendu, couchures, or nué, cordonnets
Musée de Cluny Cl. 2154 / ©RMN-Grand Palais (musée de Cluny, musée national du Moyen Âge) / Michel Urtado

L’art de la broderie, peut-être l’un des plus anciens arts inventés par l’Homme, est un médium qu’il est toujours fascinant de contempler. Mais, particulière fragiles, les pièces brodées traversent plutôt mal les époques. Les tissus s’abiment, les couleurs s’affadissent, les fils d’or et d’argent se corrodent ou s’oxydent, quand ils n’ont pas été arrachés. Il est bien difficile aujourd’hui d’avoir une idée de la profusion des couleurs au Moyen Age, où les murs des églises et les statues étaient peints, où les tapisseries et les broderies regorgeaient de couleurs vives.


Mitre brodée de la Sainte-Chapelle Paris (?), vers 1375-1390
Damas de soie sergé ; broderie : filés or et argent (lames métalliques sur âme de soie), soies polychromes, perles de semence, «pierres de verre»; points couché, fendu, nué, de nœud, gaufrures, broderie appliquée et emboutie / 92 x 30cm
Musée de Cluny Cl. 12923, dépôt des Archives nationales (1892) / ©RMN-Grand Palais (musée de Cluny, musée national du Moyen Âge) / Michel Urtado

 

Il y a heureusement des expositions qui permettent de retrouver un peu le passé pour quelques heures. Le Musée de Cluny (ou Musée National du Moyen Age) est en train de préparer une extraordinaire exposition de pièces si précieuses, si fragiles, qu’elles sont rarement montrées en public. Et non seulement il va mettre en lumière ses pièces magnifiques, mais il a invité leurs « compagnons ». En effet, la plupart de ces broderies étaient conçues comme un « ensemble », pour décorer une pièce, une chapelle, pour raconter une histoire. Mais étant à la fois des « meubles » légers, faciles à transporter, et des œuvres d’art, elles ont souvent été dispersées au fil de l’Histoire. Une occasion sans doute unique pour beaucoup d’entre nous de les voir ensemble. « Grâce à des prêts du Victoria and Albert Museum et des Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles, quatre scènes de « Vies de saints » parmi les plus beaux exemples de la production florentine seront exceptionnellement présentées ensemble. De même, le panneau brodé de Cluny représentant « La guérison miraculeuse au tombeau de saint Martin » dialoguera avec celui du musée des Tissus de Lyon provenant du même cycle de la vie de saint Martin, œuvre de deux artistes travaillant pour le roi René d’Anjou : le peintre Barthélémy d’Eyck et le brodeur Pierre de Billant » (Musée de Cluny).

Une occasion aussi de nous rappeler que la broderie, pendant des siècles, était admirée au même titre que la peinture ou la sculpture. Un temps où la broderie était considérée comme un art.

Cycle de la vie de saint Martin: Guérison miraculeuse au tombeau de saint Martin vers 1440-1445
Toile de lin ; broderie : soies polychromes et filés or et argent ; point fendu, couchures / 17,5 x 15 cm
Musée de Cluny Cl. 23424 / ©RMN-Grand Palais (musée de Cluny, musée national du Moyen Âge) / Thierry Ollivier

 


Aumônière : Hybrides musiciens, Paris, vers 1330-1350
Velours de soie; broderie: soies polychromes, filés or et argent (lames métalliques sur âme de lin); points couché, fendu; broderie appliquée et emboutie sur toile de lin; plat interne: lampas italien 14e siècle ; doublure : (a) taffetas / 36 x 32,4 cm
Musée de Cluny Cl. 11787 / © RMN-Grand Palais (musée de Cluny – musée national du Moyen-Âge) / Jean-Gilles Berizzi

https://www.musee-moyenage.fr/

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