Biennal Révélations – feedback

28/05/2019

Révélations… la rencontre de la créativité et de l’économie. Car oui, c’est magnifique de créer toute la journée, de voir sortir de ses mains des pièces uniques, pleines de sens, provoquant l’émotion et la passion. Mais encore faut-il pouvoir en vivre ! La biennal Révélations permet ces rencontres si importantes entre créateurs, artistes, manufactures, maisons d’excellence, institutions, etc. et grand public, collectionneurs, bureaux d’achats, etc.
Mais le Grand Palais offre un cadre si beau que tout devient « civilisé » et agréable. C’est un échange certes économique mais avant tout culturel, d’une très grande richesse.


Clémentine Brandibas

Rié Mukai et Pauline Texidor – toutes deux grandes brodeuses – ont eu la chance de visiter cette quatrième rencontre et d’échanger avec plusieurs brodeurs. Trois des artistes-brodeurs présents ont aussi bien voulu prendre le temps de répondre à mes questions et voici donc un petit retour version broderie de ces journées exceptionnelles.

Artistes et visiteurs ont tous été frappé par le niveau et la qualité de la créativité déployée au Grand Palais. Les matériaux employés (céramique, verre, bois, tissu – voir l’œuvre monumentale de Hanne Fris, utilisée pour l’affiche du Salon), les techniques requises, les œuvres réalisées ont « excités l’imagination » (Rié) et l’envie d’inventer d’autres chemins.

La brodeuse Kyoko Sugiura a présenté des œuvres d’art à l’ « univers très fin et délicat », utilisant des pétales de fleurs et des fils extrêmement fins. Elle dit elle-même avoir fait de longues recherches à la fois pour trouver de nouvelles techniques, et de nouvelles matières afin de préparer les œuvres de ce salon. Habituée à travailler avec de micros perles / paillettes, elle a utilisé la pose de pétales de fleurs pour la première fois, et avait hâte de voir la réaction des visiteurs ! Elle a également présenté de très beaux portraits de « jeunes filles brodées au fil noir sur rembourrage et décorées délicatement de feuilles d’or » qui ont beaucoup plus à Pauline.

Chengyen Lee lui, ne fait pas dans la demi-mesure : ses œuvres sont immenses et demandent un nombre incroyable d’heures de travail. Rié, qui utilise de crochet de Lunéville, n’arrivait pas à croire que Lee n’utilise que l’aiguille (ce qui demande beaucoup plus d’heures de broderie pour la pose de perles). La réalisation du Chien (zodiaque chinois) lui a demandé deux ans de travail ! Pour Pauline, cet univers « nous rapproche plus de la broderie haute couture, colorée et flamboyante ». Lee a trouvé dans le Grand Palais «un endroit rêver pour exposer (ses) œuvres». Il n’a pas modifié ses habitudes de travail mais a porté son « attention sur la mise en scène de (ses) œuvres en ce lieu ». Sa principale attente était toutefois « d’attirer l’attention sur (ses) créations et de montrer ainsi qu’il existe des voies différentes de la peinture ou la photo pour donner naissance à une œuvre ».

Enfin le travail de Clémentine Brandibas a su étonner nos ambassadrices. Pour Rié : « son monde est très cool, très artistique. Je sens la lumière dans la tranquillité » et pour Pauline : « J’ai été particulièrement frappée par ses créations qui semblent aller bien au-delà de la broderie, dans un genre plus sombre et non figuratif. » Clémentine brode généralement sur de petits formats mais s’est mise en tête de faire une broderie d’1m50 pour ce Salon. « J’ai vécu en ermite pendant des semaines pour broder cette œuvre ! » Elle aussi travaille à l’aiguille, choix qui va finalement bien avec son style abstrait qui demande de « voir la progression » quand le travail au crochet se fait lui, à l’envers du tissu.

Les visiteurs ne sont pas les seuls à être repartis du Salon avec l’envie de créer. Clémentine, qui suit sur les réseaux sociaux des artistes comme Juliette Clovis (porcelaine) ou Morgane Baroghel-Crucq (tissage), était vraiment heureuse de « voir en vrai ces œuvres », qui a leur tour deviennent une belle source d’ inspiration.

Un dernier mot pour les aspirants créateurs : unanimement nos artistes ont rappelé l’importance de la communication, du travail, de la pratique régulière ; l’assimilation des techniques de base pour permettre l’envolée artistique et la persévérance pour pouvoir un jour « réaliser les tableaux de vos vies » (Lee).

Hanne Fris
Crédit photos – Rié Mukai et Pauline Texidor

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