L’étoffe des rêves de Lee Young-hee – Musée Guimet, Paris

24/02/2020

Consacrée par son pays comme la plus grande figure de la mode coréenne, Lee Young-hee (1936-2018) a propulsé sur la scène internationale l’image d’une Corée moderne et décomplexée, fière de son illustre passé et de sa tradition raffinée. Puisant son inspiration et sa philosophie dans le hanbok, le vêtement traditionnel des femmes coréennes, son art s’épanouit dans une modernité sans cesse renouvelée, passant de la parfaite maîtrise des formes traditionnelles aux figures aériennes d’un hanbok libéré.

© Pauline Texidor
© Pauline Texidor
© Pauline Texidor

Lee Young-hee entame une carrière de couturière-styliste presque par hasard. Le vêtement coréen va rapidement devenir une passion qu’elle approfondit par des recherches historiques menées avec Seok Ju-seon, spécialiste reconnue de l’histoire du costume. Ensemble elles s’attèlent à une minutieuse reconstitution de vêtements d’après les peintures des rouleaux dépeignant les cérémonies de cour de la fin de la période Choson (1394-1910). Les costumes des officiels et les costumes de cour de cette époque sont d’une extrême rareté. Lee Young-hee met en place un processus de « recréation » de ces pièces qui inclut la fabrication des soieries à l’identique, l’emploi de teinture naturelle, la couture et la broderie à la main ; son travail s’alimente également de la collection de ces précieuses pièces Choson – vêtements ou accessoires – qu’elle rassemble peu à peu tout au long de sa carrière. En 1993 Lee Young-hee montre une collection de prêt-à-porter à Paris, et présente un défilé haute-couture l’année suivante. Ses « étoffes de vents et de songes » enchanteront les défilés haute-couture jusqu’en 2016 à Paris, ainsi qu’à New York.

Elle explore tous les matériaux traditionnels (ramie, soie) tout en expérimentant des mélanges nouveaux (fibre de bananier et soie), jouant tour à tour des effets de transparences et de matières rugueuses, faisant de la combinaison traditionnelle (une ample robe s’élargissant sous la poitrine et un très court boléro noué de rubans), un vocabulaire versatile, librement et constamment réinventé.

Le Musée national des arts asiatiques – Guimet a reçu en 2019 la donation exceptionnelle du fonds de textiles de LEE Young-hee de la part de sa fille, Chungwoo LEE, avec le soutien de la fondation DARI.

La visite vue par Pauline Texidor, brodeuse: « Au détour d’une visite du Musée Guimet et dans la lignée d’une précédente exposition sur les kimonos japonais d’hier et aujourd’hui, j’ai pu admirer le travail de la styliste et couturière coréenne Lee Young-hee. S’inspirant de l’art vestimentaire traditionnel coréen, cette styliste a créé des robes et des costumes pour homme tout en légèreté et élégance. Les broderies sur certaines robes sont particulièrement fines et colorées. Une exposition à ne pas rater si vous êtes sur Paris avant le 9 mars. »
© Pauline Texidor
© Pauline Texidor

Un livre accompagne cette exposition:
L’étoffe des rêves de Lee Young-hee. Séoul-Paris, coédition MNAAG / Éditions de La Martinière, 128 pages (22,50 euros)


© Pauline Texidor

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