« Rouge au toucher » – broderie pour mal-voyants

25/06/2019

On parle broderie et entrepreneuriat avec Emma Nguyen Van Rot, étudiante en licence d’études théâtrales
du 20 juin 2019 au 31 janvier 2024

Emma vient de remporter le Prix Coup de coeur du Jury à l’occasion du concours de Pitch organisé lors du salon Entreprendre dans la Culture organisé par le Ministère de la Culture les 22, 23 et 24 mai 2019

Emma, pouvez-vous nous présenter votre parcours académique ?
Je m’appelle Emma Nguyen Van Rot, je suis originaire de La Rochelle et j’ai 24 ans.
Après avoir obtenu un Diplôme des métiers d’art option broderie (bac+2), à Rochefort, j’ai intégré la licence 1 Histoire de l’art et d’archéologie de l’université Panthéon-Sorbonne. Après un semestre, j’ai choisi de me réorienté en Licence Etudes Théâtrales à la Sorbonne Nouvelle. C’est ainsi que j’ai pu intégrer au 2nd semestre la Licence 1. Mon projet était de me diriger dans le domaine du costume de scène et d’écran, un projet de longue date et mûri. Après deux tentatives d’acceptation et deux refus consécutifs au sein de la Licence professionnelle Conception du costume, j’ai pris le parti de poursuivre mon parcours en Licence 3 Etudes théâtrales.
Face à ces chamboulements et changements de projets professionnels, j’aurai pu faire le choix de baisser les bras. Mais l’université Sorbonne Nouvelle propose un accompagnement de qualité pour les étudiants entrepreneurs. C’est alors que dès ma première année de licence, j’ai intégré le Pepite Creaj IDF afin de développer mon projet de broderie, construit en parallèle tout au long de mes études. Il ne s’agissait pas d’un plan de secours, au contraire, mais d’un projet qui me tient énormément à cœur et que je ne pouvais mettre de côté.

Parlez-nous de votre projet Rouge au toucher et de votre métier de brodeuse ?
Rouge au toucher, c’est un projet de broderie sociale. Il est né lors de ma dernière année du Diplôme des métiers d’art en broderie.
Avec ce projet, je développe des broderies tactiles destinées aux personnes non / mal-voyantes et voyantes. L’idée est de créer du beau au toucher, de transmettre des émotions par le tactile. Plusieurs domaines sont explorés. Cela va de la médiation culturelle en réalisant des reproductions tactiles de peintures en broderie, de la décoration d’intérieur en brodant des portraits dessinés « à l’aveugle », à la recherche artistique autour de la synesthésie (association de deux sens simultanément).
Je travaille aussi sur un outil pédagogique textile pour apprendre le braille aux enfants.
Cette envie de créer Rouge au toucher provient d’une certaine sensibilité à la cécité ainsi qu’à l’art. J’étais enfant lorsque j’ai été confrontée à cette problématique. Très myope depuis très longtemps et déjà avec le rêve de travailler dans le textile et la mode, je craignais de ne plus pouvoir créer et dessiner si je devais perdre la vue.
Concernant mon métier de brodeuse, je suis actuellement freelance ce qui me permet alors de travailler pour des ateliers de broderie (dans la haute-couture et le luxe).
C’est un métier superbe qui demande une grande dextérité, précision, concentration, et surtout, de la patience. Les techniques sont très variées et on peut utiliser toute sorte de matériaux différents et innovants.

Quels sont vos projets ?
Beaucoup de projets sont en train d’être mis en place, mais c’est sur l’outil pédagogique que je souhaite concentrer la majeure partie du temps. C’est aussi un aspect plus entrepreneurial sur lesquels je travaille, en participant à des workshops, concours… J’ai d’ailleurs récemment remporté le prix Coup de cœur du jury à l’occasion du salon Entreprendre dans la Culture. Par ailleurs, je recherche notamment un.e possible associé.e ou manager, car Rouge au toucher, comme énoncé précédemment, est un projet de broderie SOCIALE.
Aujourd’hui c’est l’accessibilité, demain ce sera l’écologie.


Article de Brigitte Chotel sur le site Sorbonne Nouvelle (article original) – reproduit ici avec son accord
Crédits photos – Emma Nguyen Van Rot
https://www.rougeautoucher.fr/

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