La broderie Gu enseignée à l’Université de Shanghai

04/08/2019

Article de Yang Meiping
Librement traduit par Claire de Pourtalès, Le Temps de Broder

Un centre d’Héritage culturel traditionnel a été ouvert à l’Université Normale de Shanghai en mai 2019 pour former les futurs professeurs dans les techniques de la broderie Gu.
Il fait parti des premiers centres approuvés par le Ministère de l’Éducation. Plusieurs de ces centres doivent être établis sur les campus universitaires du pays pour promouvoir l’héritage et le développement créatif des éléments remarquables de la culture traditionnelle chinoise.

Zhang Hua, directeur du nouveau centre : « Nous allons engager des personnes qui possèdent encore ces connaissances et lancer un cours ouvert à tous les étudiants pour leur enseigner les connaissances et les bases de la broderie Go. Nous allons aussi fonder un club de broderie pour les étudiants qui se démarqueront, où des professeurs sélectionnés offriront un enseignement plus individuel sur les points et les techniques de cette broderie complexe. Nous irons aussi voir les écoles primaires et secondaires pour aider à transmettre cet enseignement. »

The Diner Party - Brooklyn Museum of Arts
Gu Meizhen fait la démonstration de la broderie Gu lors de la cérémonie d’ouverture du centre pour l’Héritage Culturel de l’université normale de Shanghai.

Des techniques digitales aideront à promouvoir cet art et cette culture : films, séries de télévision, supports éducatifs, ils introduiront une présentation de la broderie Gu. Une recherche académique sera aussi mise en place et des publications sponsorisées seront publiées.

Le centre est aussi un lieu de coopération entre l’université et le bureau de la culture et du tourisme du District de Songjiang, où la broderie Gu (ou guxiu) a été établie par la famille Gu lors de la Dynastie Ming (1368-1644).

La broderie Gu est aussi connue sous le nom de « peinture à l’aiguille » car le travail représente le plus souvent des paysages, des animaux et des personnes dans un cadre élaboré, le tout aussi éclatant qu’une peinture. Son secret tient dans la finesse des aiguilles et des fils utilisés, ainsi que dans une palette de couleurs élégantes, douces et discrètes. C’est ce qui la distingue des styles populaires souvent très colorés ou des styles impérieux (où l’or est un élément très important).

Un fil de soie contient généralement 16 filaments. Cependant, pour broder des motifs comme les sourcils, les cheveux ou les montagnes encerclées de brume, un fil plus fin est nécessaire, allant jusqu’à 32 filaments. Ces fils peuvent être plus fins qu’un cheveu, et les points doivent être très petits et méticuleusement disposés.

Il faut environ 10 ans pour arriver à maitriser ces techniques. Une broderie peut demander une année de travail, ce qui rend sa commercialisation presque impossible. A l’origine, elle était utilisée uniquement pour l’empereur et sa cour.

Cette technique et ce type de motifs ont été créés par une femme du nom de Miao, la concubine du fils ainé de Gu Minshi, un grand propriétaire terrien. Une de ses descendante, Han Ximeng a également participé au développement de cette broderie on y ajoutant la peinture, faisant de cette broderie un art, et non plus juste une technique artisanale. Une vingtaine de ses œuvres sont collectionnées dans des musées, dont le Musée d’histoire de Shanghai.

Pendant la dynastie Qing (1644-1911), Gu Lanyu (l’arrière-grand-mère de la famille actuelle) a ouvert le premier atelier de broderie et recruté des apprenties, permettant ainsi aux femmes des environs de pouvoir gagner de l’argent et de faire mieux vivre leurs familles.
La broderie Gu fait partie du patrimoine culturel intangible de la Chine depuis 2006.

Certains fils pour la broderie Gu sont plus fins qu’un cheveu humain

Il existe malheureusement peu de personnes maitrisant ces techniques et pouvant les transmettre. Wu Yangping, directeur du centre de Protection et de Promotion de l’Héritage culturel Intangible de Songjiang :
« Vous devez être non seulement brodeur mais peintre aussi, et vous devez pouvoir rester assis de longues heures. Beaucoup de gens commencent ces cours mais peu le terminent ». Aujourd’hui il existe 5 successeurs (professeurs) au niveau de la ville et 19 au niveau du district. Ils forment entre 20 et 30 étudiants chaque année. Ils donnent aussi gratuitement des cours aux résidents locaux dans les centres culturels du district.

La coopération entre l’Université normale de Shanghai et le bureau du tourisme et de la culture est un moyen créatif pour protéger cette culture. Faire participer activement les étudiants est un excellent moyen pour rendre cet art vivant, plein de sens et influent.

Source: SHINE Editor: Liu Qi https://www.shine.cn/news/metro/1905235289/

Un visiteur prend une photo d’une pièce de broderie en train d’être réalisée à l’Université normale de Shanghai

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