Une jeune brodeuse en formation

10/12/2019

Non, la broderie n’est décidément pas un passe-temps démodé !

 

Je vous présente Clara Dupuy qui, à 19 ans, a déjà reçu 3 médailles d’or pour son travail de couturière au concours des Meilleurs Apprentis de France.
Très perfectionniste, elle poursuit sa formation de brodeuse dans un domaine de plus en plus pointu. J’ai trouvé intéressant de la rencontrer et de parler avec elle de l’avenir de la broderie au niveau professionnel.

© Clara Dupuy
© Lycée Gilles Jamain
Le parcours de brodeuse © Lycée Gilles Jamain

Racontez-nous votre parcours
Petite, je m’intéressais à la broderie avec les productions de ma Mamie Louisette Thomann. Mon premier choix était de devenir couturière, mais petit à petit l’envie d’apprendre la broderie grandissait en moi, et c’est en deuxième année du Diplôme des techniciens des métiers du spectacle que j’ai franchis le pas en demandant un stage de 7 semaines à l’École de broderie Pascal Jaouen à Quimper.
Il m’a initié à la broderie Glazig, puis à la broderie de Lunéville, il m’a ensuite fait participer à sa collection haute couture 2019, où j’ai créé et réalisé un galon de franges pampilles et brodé du perlage à l’aiguille pour le devant d’une robe. Ce stage m’a permis de réaliser que je voulais devenir brodeuse.

J’ai ensuite postulé pour la formation DN MADE (Diplôme National des Métiers d’Art et du Design), spécialité broderie et innovation au Lycée Gilles-Jamain à Rochefort (Charente-Maritime). C’est une formation unique en France : il y avait 103 candidatures pour 15 places.

© Clara Dupuy

A part la broderie d’or, allez-vous étudier d’autres techniques ?
Pendant ma première année je vais apprendre la broderie ornementale, la broderie d’or, la broderie de Lunéville, la dentelle sur tulle et les jours à fils tirés. J’ai aussi commencé des cours de broderie métallique (cannetille et couchure).

Pensez-vous faire un stage à Paris ou à l’étranger ?
Je vais effectuer un stage de 3 semaines en juin : j’aimerai beaucoup le faire à Paris dans les ateliers comme Montex, Lesage ou Cécile Henri. Mais j’aimerai également faire un stage à l’étranger pour découvrir d’autres techniques et apprendre ou améliorer une autre langue.

Êtes-vous curieuse de connaitre ce qui se passe dans d’autres pays ou à d’autres époques ?
Je m’intéresse beaucoup à la broderie haute couture. Pendant mon stage à Paris, j’ai pu étudier les costumes brodés de la réserve de la Comédie française.

Collectionnez-vous les livres ou les revues de broderie (ou de couture) ?
Je collectionne des livres sur les créateurs haute couture comme Inspiration Dior, Inside Haute couture.

Quels sont les artistes qui vous influencent ?
Je citerai en premier Paul Vasileff, créateur pour sa maison haute couture australienne, Paolo Sebastian. J’aime aussi Maria Grazia Chiuri, directrice artistique chez Dior depuis 2016. Enfin j’admire les créations d’Elie Saab.

Que souhaitez-vous faire ensuite ?
Je souhaite devenir créatrice de robe de gala. Je voudrais créer des modèles sur mesure qui incluent la broderie pour rendre chaque robe unique.

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Comment voyez-vous l’avenir de la broderie ?
Pour commencer il faut savoir que l’industrie textile est aujourd’hui l’industrie la plus polluante au monde. Dans les années à venir, des nouvelles restrictions environnementales vont devoir être appliquées, des nouvelles matières vont être innovées. La production devra passer certainement à une fabrication plus artisanale des tissus et des fournitures, en petite quantité. Une société donc moins consommatrice et consciente des impacts écologiques.
Pour ma part, je vois l’avenir de la broderie avec des nouveaux matériaux, des fils d’origine naturelle, des nouvelles fournitures dans des matières naturelles. J’espère que toutes les fournitures d’origine chimique puissent être bannies du monde de la mode.

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