Un ordinateur brodé qui fonctionne

14/09/2019

Le fil, cet “outil” qui remonte à la nuit des temps, est partout – il suffit d’imaginer un monde sans lui, et on voit tout de suite son importance ! Mais imaginer qu’on puisse broder un ordinateur, il fallait oser !Irene Posch et Ebru Kurbak l’ont fait.

Article de Katharine Schwab (paru le 13 juin 19 sur Fast Company), traduit par Claire de Pourtalès pour Le Temps de Broder. Avec quelques notes prises sur le site des artistes (ici)

Merci à Irene et à Katharine pour leurs permissions !

© Irene Posch

Deux artistes ont brodé un ordinateur similaire à ceux des années 1950 (8-bits). L’ordinateur dont vous vous servez pour lire cet article est fait de verre et de métaux – mais que se passerait-il si on le construisait en textile, tous les éléments cousus ensemble ?

Cette idée a donné naissance à L’ordinateur Brodé, une pièce d’art qui ressemble à une tapisserie brodée mais qui se révèle être un ordinateur électromécanique ayant la capacité d’un ordinateur des années 1950 à 8-bits. A l’époque, ces ordinateurs pouvaient remplir une salle entière de leurs câbles. Ici l’ordinateur est simplement composé de fils d’or et d’argent, de perles de verre et de métal, etc.

© Irene Posch / Au premier plan, le coussin qui sert de clavier!

Utilisant les techniques traditionnelles de la broderie, les artistes Ebru Kurbak et Irene Posch ont brodé des interrupteurs électromécaniques à partir de ces matériaux conducteurs.

La technique de base est la même que pour les ordinateurs de métal : un courant électrique passe à travers les fils de cuivre et créé un champ magnétique qui entraine une perle à passer d’une position « on » à une position « off » selon le sens du courant. Cependant ici, le processus est visible et participe à la beauté de l’objet, alors que normalement les circuits des ordinateurs sont cachés. L’œuvre se compose de 369 boutons, ce qui lui permet de réaliser de simples calculs.

A travers cette œuvre, Ebru Kurbak souhaite que les gens réfléchissent à ce qu’ils estiment être de la « technologie ».

«Nous avons volontairement choisi le textile pour notre travail car c’est un médium provoquant : il remet spontanément en cause nos clichés, idées reçus, attentes et désires tournant autour de cette notion. Les Arts du Textile sont souvent associés au contexte non-politisé du foyer. Ils sont vu non seulement comme féminin, mais aussi non-idéologiques, non-intellectuel, et du coup, insignifiants…», note Kurbak dans le livre qui accompagne ce projet réalisé dans le cadre de l’Université des Arts appliqués de Vienne.

© Irene Posch / Le dos de la broderie

L’Ordinateur Brodé fait partie d’un projet plus grand, appelé Coudre les Mondes (Stitching Worlds) dans lequel Kurbak, Posch et d’autres artistes créent des liens étonnants entre les tissus, la couture et la technologie.

© Irene Posch
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