Portrait de Charles Ier – miniature brodée vers 1650

02/06/2019

Portrait miniature brodé de Charles Ier, roi d’Angleterre

Ce portrait miniature de Charles Ier est l’un des exemples les plus techniquement accomplis de la broderie professionnelle du XVIIème siècle. On trouve deux autres portraits de ce style au Victoria and Albert Museum et dans la Collection Wallace (Londres), un autre au château de Rosenborg à Copenhague et un dans la collection de John H. Bryan, datant de 1648.
Comme une peinture à l’aiguille, cette miniature représente la fusion de deux traditions artistiques anglaises – le rendu naturaliste des visages, utilisant les techniques les plus fines comme le point fendu, et l’art des portraits miniatures, une mode qui a vu le jour à la cour d’Henry VIII (1491-1547).
L’original remonte à un portrait de Anthony van Dyck réalisé en 1632.

La broderie est montée dans un cadre d’argent vitré. La vitre, avec ses petites bulles est certainement de la même époque. Il s’agit là de ce que Daphne Foskett appelle un «cabinet miniature», prévu pour être incrusté dans une boîte ou posé sur une table.

Le buste de Charles Ier est légèrement mis en relief sur un fond plat en satin gris-vert. Le style capillaire particulier de Charles Ier, sa barbe pointue et ses moustaches relevées sont rendues par plusieurs nuances de bruns, de rouge-bruns et de fils blonds. Les joues et la mâchoire sont ombrés par des nuances foncées qui soulignent la structure osseuse. Chaque point est travaillé de manière virtuose: longueurs, tension et torsion sont toutes variées, permettant un riche jeu de lumière sur les fils de soie.


La richesse des détails est saisissante, comme dans l’œil droit, créé par l’association d’une multitude de points minuscules. La paupière inférieure est dessinée par un fil rose extrêmement fin, fixé au point de couchure puis rebrodé avec des fils couleurs chaire. L’iris est réalisée avec plusieurs tons de bleu, séparé de la pupille noire par un fil plus clair, couché, qui non seulement suggère la profondeur, mais, en tirant les fils tout autour de la pupille, créé des effets de lumière qui définissent l’expression du roi.

Source – Jonathan Tavares and Andrew Morrall – https://www.metmuseum.org/toah/works-of-art/39.13.7/
(English Embroidery from The Metropolitan Museum of Art, 1580-1700: ‘Twixt Art and Nature / Andrew Morrall and Melinda Watt ; New Haven ; London : Published for The Bard Graduate Center for Studies in the Decorative Arts, Design, and Culture, New York, The Metropolitan Museum of Art, New York [by] Yale University Press, 2008.)

Date 1650-1670
Dimensions 15.2 cm x 11.4 cm
Soie et fils métalliques sur soie
Collection du MET (Metropolitain Museum of Art, New York)
Traduction – Le Temps de Broder

 

Partager