Chengyen Lee – un brodeur patient

17/07/2019

Lors du Salon Révélations au Grand Palais (Mai 2019), les visiteurs ont pu admirer des œuvres peu ordinaires réalisées par un jeune homme originaire de Taiwan (voir article Révélation-Feedback sur ce site).

Voici maintenant un portrait plus approfondi de Lee.

Né en Taiwan en 1983, il arrive à Paris en 2011 : « Très jeune déjà, sans savoir pourquoi, je rêvais de découvrir la France. J’ignorais tout de ce pays et n’y connaissais personne. En dépit de toutes ces incertitudes et des doutes de tout mon entourage, je décidais de voler de mes propres ailes pour m’installer à Paris. »

A l’âge de 7-8 ans, Lee s’initie en autodidacte à toutes sortes de travaux manuels (nœud chinois, etc.). A 10 ans il aide sa sœur pour un travail scolaire : réaliser des points de broderie traditionnels sur un sac à cordon. Mais le déclic vient à l’université lorsqu’un professeur lui demande de broder des perles sur une corde : «C’est à ce moment que ma passion à commencer.» En 2010 il décide de vivre de ses broderies d’art.

Le travail commence par des dessins. Comme il brode des œuvres très grandes, il dessine aussi sur des feuilles très grandes à échelle 1:1. Il dessine en noir et blanc «la simplicité du trait permet de laisser libre cours à mon imagination pour le choix des couleurs et des perles.»


«Bon nombre de mes œuvres ont une thématique autour des animaux et de la mythologie. Tout en étant surnaturelles, ces créatures portent des symboles qui les rapprochent des hommes et de leurs comportements. Elles nous aident à comprendre qui nous sommes et ce que nous devons faire.»

Je ne suis pas vraiment un horaire, mais je m’astreins à travailler tous les jours de la semaine. Je dois maintenir une grande attention le plus longtemps possible, « je ne peux me permettre de travaille de façon irrégulière, en «pointillés». »

Le lent travail de broderie offre un temps à la réflexion. «Je réfléchis aux perles, aux images, à mes idées. Je pense à ma carrière, à ce que je vais préparer pour le dîner.» Parfois, en travaillant une œuvre, des idées pour la suivante lui viennent et ils les dessinent. Mais «ça n’arrive pas tout le temps, parce que je ne réalise qu’une seule œuvre à la fois.»

Lee, patient brodeur, aime aussi beaucoup la vitesse de la poterie : «la vitesse qu’on sent dans la main est aussi une sensation visuellement instantanée, il n’y a pas de place pour l’hésitation, l’argile doit refléter la pensée en tournant.» Il aime cette complémentarité avec son travail quotidien fait de patience, de lenteur, de réflexion.

A noter que Lee tient un journal depuis 2011. «Je pense qu’un jour il sera publié. Il fait 130 000 mots». Gardons un œil sur les futures publications donc, et en attendant vous pouvez retrouver Lee sur son site https://chengyenlee.com/.

Photos: Atelier Chengyenlee

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