Coline Bavois

22/03/2019

J’ai découvert la broderie il y a 5 ans lors d’une initiation pendant mes études de costumes. J’ai ensuite suivi une formation où j’ai appris les bases de la broderie, de la plumasserie, de la fleuristerie artificielle et de la chapellerie. Puis j’ai continué à expérimenter par moi-même et je n’ai plus quitté cet art. J’ai toujours un projet personnel en cours qui occupe mon temps libre.


Je recherche une démarche artistique où je peux m’exprimer à travers la matière sans contrainte, car c’est elle qui me passionne. J’aime tenter de reproduire les textures de la nature : l’écorce, le corail, le givre, la nature entière est source d’inspiration. J’aime travailler avec des matériaux classiques comme les perles de verre ou le coton à broder en détournant les techniques traditionnelles pour les utiliser de manière inattendue. Il me plait aussi d’y mêler des matériaux de récupération, comme des papiers de chocolat ou de la pellicule pour créer des microcosmes organiques. Je brode à l’aiguille mais également au crochet de Lunéville. Cet outil, une fois maîtrisé, permet la pose de perles et de paillettes de manière rapide, en travaillant sur l’envers de l’ouvrage, sur métier. Il permet également de faire du point de chaînette, de la couchure et du remplissage. Il est très utilisé en Haute Couture. J’aimerais mieux connaitre la broderie d’or, que j’expérimente de mon côté en me réappropriant les techniques d’origine.


Je ne suis pas une grande dessinatrice, c’est pourquoi je travaille en créant plusieurs échantillons à partir d’inspirations et de matériaux à ma disposition. J’agence ensuite ces essais de texture en croquis pour la pièce que je vais réaliser. Cette phase de création de matière et d’échantillonnage est mon étape favorite.

Costumière de métier, il m’arrive de broder pour des films ou pour la Haute Couture. La broderie dans le costume n’est pas toujours évidente. Pour des raisons budgétaires, il y en a très peu dans le spectacle vivant. On la remplace souvent par des leurres tels que des appliqués, des galons ou de la peinture gonflante, qui font très bien illusion pour un rendu de loin. On trouvera cependant de la pose de strass, du pailletage et du pelage en cabaret. Pour le cinéma, les budgets sont plus conséquents et pour des reproductions historiques qui seront filmés de très près, on peut faire appel à des brodeuses.

Un projet que je souhaiterais réaliser serait une collaboration avec un artiste travaillant une autre matière dans le but de créer une pièce singulière mêlant céramique et broderie par exemple. La broderie occupe une grande place dans ma vie. J’aime ce moment où le corps est calme, la respiration apaisée et le rythme cardiaque ralenti à la suite de la concentration de l’exécution du geste. Mon esprit est constamment en agité par des idées, il traduit les textures du quotidien en textile. Je vois le monde à travers des volumes de fil ou des accumulations de perles, traduisant la fragilité de la nature et son état éphémère.

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