Opus Anglicanum – humour anglais et broderies médiévales

06/03/2021

C’est avec son humour tout anglais que Tanya Bentham nous fait découvrir la broderie du Moyen-Age.
« Opus Anglicanum », ou Oeuvre Anglaise, est le nom générique qui recouvre les techniques, motifs et histoire de la broderie anglaise au Moyen-Age. C’est aussi le nom choisis par Tanya pour son entreprise de broderie. Rencontre.

Photos – © Opus Anglicanum- photos protégées par copyright – merci
Interview – Claire de Pourtalès

Visage de femme © Opus Anglicanum
Dragon de Noël © Opus Anglicanum

Quelles sont vos origines et votre histoire avec la broderie ?
Ma mère était une artiste, dans sa famille il y avait des fabricants de jouets et des forains. J’ai fait de l’art à l’école, mais les professeurs m’ont découragé d’en faire une profession. Comme c’était une école très académique, la créativité n’était pas vraiment encouragée. En terminal j’avais deux profs d’art qui se contredisaient tout le temps.  Sur cinq étudiants, j’ai été la seule à avoir obtenu une note passable en art. Je pense que l’enseignante plus âgée aurait pu réussir à nous motiver, mais la plus jeune était terrible. Elle passait son temps à nous dire que les garçons de son école précédente étaient tous plus doués que nous. Ça n’aidait pas !

Je n’aime toujours pas beaucoup dessiner, je le remets à plus tard et je deviens irritable à ce sujet. Le Scientifique (c’est ainsi que Tanya appelle son mari) aggrave les choses en disant « Mais tu aimes dessiner, et tu es si douée pour ça », ce qui me rend plus grognon parce que je lui ai dit tant de fois que je n’aime pas dessiner! Il ne sait pas du tout dessiner, donc il ne comprend pas. Je sens que je suis compétente en dessin, mais je ne serai jamais bonne, et je suis vaniteuse, ce qui fait que je déteste faire des choses pour lesquelles je ne suis pas brillante. Cependant, je suis douée pour le dessin médiéval, qui est un style distinctif en soi, alors je suis heureuse de dessiner des modèles de broderie. Je suis trop impatiente pour passer autant de temps sur une peinture que sur une broderie. La broderie me semble être le bon support.

Quel est votre parcours avec le textile, l’art médiéval et la broderie?
J’ai commencé la reconstitution historique à l’âge de 15 ans, dans une Société sur la Guerre civile anglaise. J’ai rejoint l’armée du roi parce que j’avais 15 ans, que j’étais superficielle, qu’ils avaient de plus beaux costumes que les Parlementaires. Ils avaient aussi des cieliegs (pronnoncez kêyli, une sorte de soirée dansante folklorique au nom celte) où je pouvais danser avec les étudiants de l’Université de Durham, ce qui était beaucoup plus amusant que la discothèque de l’école et personne jamais ne vous pelotait! J’ai toujours voulu faire de jolies robes. J’ai fait ma première robe médiévale quand j’avais 14 ans (elle était assez laide mais ma mère la gardée) et j’ai dérivé vers la reconstitution médiévale où je pouvais m’exercer à broder et coudre. Le début du Moyen Âge a conduit à la fin du Moyen Âge car l’art de cette époque est plus intéressant.

Costume normand © Opus Anglicanum

Quelle était l’idée derrière Opus Anglicanum? 
Cela a commencé comme un blog WordPress. Je suis venue sur Internet au milieu de la trentaine. Ce qui m’a toujours intéressée, c’était de me connecter avec d’autres brodeurs. Dans mon groupe de brodeuses locale (guilde), on ne faisait que du point de croix, ce qui ne m’intéressait pas du tout. De leur côté, les Américains supposent souvent que je faisais partie de la Society for Creative Anachronism – un groupe passionné par l’histoire du Moyen-Age et qui aime le reconstituer/jouer) ou que j’étais complètement débutante en broderie simplement parce que j’étais nouvelle sur Internet.
Le blog était prévu en partie pour partager mes aventures et en partie parce que j’avais cette vague idée que j’aimerais éventuellement écrire un livre sur la broderie médiévale, et vous semblez avoir besoin d’une présence sur les réseaux sociaux pour y parvenir. J’avais une idée très ferme que je rendrais mon blog de couture historique différent en publiant quelque chose chaque semaine, même s’il ne s’agissait que de quelque chose venant des archives, car Internet semblait jonché de blogs textiles qui n’avaient pas été mis à jour depuis des mois voire des années. Je pense que je n’ai oublié qu’une fois parce que j’étais très occupée, mais la plupart du temps j’ai publié plus d’une fois par semaine parce que j’ai généralement plus d’un projet en cours.

Cela vous permet-il d’en vivre?
J’avais un vague plan à long terme pour que la broderie représente la moitié de mes revenus. J’ai toujours été indépendante et j’aime mon travail de jour en tant qu’actrice portant le costume d’une femme viking / grecque / romaine dans les écoles primaires. C’est un super boost et cela m’a bien manqué pendant la pandémie, mais en même temps c’est physiquement très exigeant et je sens que maintenant que j’ai la cinquantaine, j’aimerais réduire ces présences a deux ou trois jours par semaine au lieu de cinq. De plus, même si les enfants me font rire, ce sont de petits aimants à maladie, même quand il n’y a pas de pandémie. Je suis fatiguée de ramasser tous leurs microbes – passer à trois jours par semaine me donnerait au moins le temps de me rétablir. C’est épuisant de travailler en étant malade!

Pourquoi cette passion pour l’époque médiévale?
J’ai toujours aimé l’histoire de la vie quotidienne, en particulier la vie des femmes. Je pense que les femmes médiévales étaient plus indépendantes, qu’elles avaient plus de pouvoir que l’histoire traditionnelle ne leur donne. C’est mon professeur d’histoire en terminal qui m’a donné cette passion. A 16 ans, je suis entrée dans une école privée pour filles, très académique, où la prof d’histoire était beaucoup trop sage et rusée pour demander à des adolescentes de lire des livres sérieux pendant les vacances d’été. Elle nous dirigea donc vers des livres comme Catherine d’Anya Seton, des romans qui donnaient la saveur du Moyen-Âge et touchaient à l’histoire, mais qui étaient aussi assez engageants. Catherine m’a captivé, tout comme Déesses, putes, épouses et esclaves de Sarah B. Pomeroy, livre que j’ai découvert par moi-même et que j’ai dévoré comme un roman juteux (j’ai toujours aimé lire de la non-fiction). Si vous regardez quelqu’un comme Nicola de la Hey qui était shérif de Lincoln à part entière, ou Jean de Clisson qui s’est tournée vers le piratage pour venger son mari assassiné, vous voyez qu’il y avait toujours des femmes qui faisaient leur propre truc et en gagnaient le respect.

Zodiac © Opus Anglicanum
Chiens de chasse © Opus Anglicanum

Où trouvez-vous vos sources?
J’adore les livres illuminés et je vis une relation à long terme avec le Psautier Luttrell.

Des livres, sites, musées, blogs, artistes, que vous recommanderiez?
Évidemment, le psautier de Luttrell – mon père m’a acheté le fac-similé de la Folio Society pour Noël quand j’étais jeune, mais chaque fois que je vois une reproduction de psautier ou de bestiaire, je l’achète pour les photos. Je lis actuellement un livre sur les bestiaires que j’ai acheté pour Noël : un animal au coucher tous les soirs. Hier soir, c’était le « caméléopards », ou girafe, ainsi appelé parce qu’il ressemble à un chameau avec des taches de léopard. Apparemment le nom girafe est une adoption beaucoup plus récente du mot arabe ziraffa. (Mon Scientifique bien-aimé est titulaire d’un doctorat en biologie, et je ne pense pas qu’il apprécie quand je lui partage ces nouveaux «faits» passionnants sur la zoologie que je viens d’apprendre!)

Avez-vous d’autres passions en dehors de la broderie?
L’orfèvrerie, qui est née de la nécessité d’avoir des bijoux pour les costumes médiévaux. Il y a vingt ans, vous ne pouviez rien acheter au-delà du bronze coulé, alors j’ai essayé un cours du soir dans ma ville. En fait, je préfère fabriquer de grands récipients comme des calices et des chandeliers, mais mon atelier est actuellement emballé parce que ma maison a été inondée…
Et les chats, évidemment, même si je ne suis actuellement pas trop satisfaite du petit démon poilu qui vient de traverser mon clavier …

Trois chats coquins © Opus Anglicanum

Combien d’heures diriez-vous que vous y consacrez? 
Ça dépend. Normalement, la seule fois où je passe une journée entière sans broder, c’est que je suis vraiment mal – je ne pense pas que ce soit particulièrement une vertu. Le Scientifique est convaincu qu’il y a quelque chose qui ne va pas avec mon cerveau. Je ne peux littéralement pas m’asseoir et ne rien faire, cela le rend fou – je veux dire, je tricote au cinéma parce que je peux le faire dans le noir et cela m’empêche de bouger, sinon rester assise pendant un film entier est trop pour moi. Il déteste quand je couds au pub, je déteste quand je ne peux pas.
Quand je travaille dans les écoles, j’ai ce que j’appelle ma broderie de sac à main, qui n’est pas dans un tambour pour que je puisse la mettre dans un sac et l’emporter n’importe où. J’ai remarqué que quand je pose comme actrice (en costume d’époque) dans les écoles et que l’enseignant amène les enfants, si je ne bouge pas, ils s’ennuient tout de suite, surtout les garçons qui peuvent devenir très désagréables dans leurs demandes désespérées d’attention. Alors que si je m’assois et fais ma broderie, les mêmes garçons annonceront haut et fort «Sssshhh! La dame tricote! » Jusqu’à ce qu’une fille réponde: « Elle coud!  » Peu importe! Mais ils resteront tranquillement assis et attendront que je finisse – cela fonctionne comme un charme!
Au fil des ans, ma broderie de sac à main, faite dans les écoles et parfois au pub, a produit trois grandes tentures murales. Je venais juste de commencer et de broder la version du rouleau Guthlac* avant le Covid, mais il n’a pas été touché depuis mars dernier parce que cela me semble mal de le faire à la maison.
La plupart du temps, je fais des trucs sur ordinateur le matin, puis je brode tout l’après-midi. Si le Scientifique sort, je peux broder aussi jusqu’à l’heure du coucher.

* Le Rouleau de Guthlac est un parchemin de la British Library et provient de Crowland Abbey. Il s’agit essentiellement d’une sorte de bande dessinée de la vie du saint anglo-saxon Guthlac. On pense que le rouleau était un croquis de préparation pour une œuvre d’art plus grande qui n’a jamais été faite ou qui n’a pas survécu, donc la broderie semble en quelque sorte appropriée, car l’un des produits finaux possibles devait être une broderie.

Vous m’avez dit que vous aviez écrit un livre – puis-je vous demander ce que c’est?
Il ne sera publié que cet été. Il s’appelle Opus Anglicanum, et c’est un guide pratique plutôt qu’un livre académique, qui fait partie d’une série consacrée à la broderie chez Crowood Press.

Livre à paraître © Opus Anglicanum
Visage d’homme © Opus Anglicanum

Partagez-vous votre amour de la broderie médiévale par d’autres moyens?
Je fais des démos publiques dans le cadre de la reconstitution et des discussions pour les guildes de brodeurs. J’enseigne normalement une classe chaque année au Congrès médiéval international de l’Université de Leeds, et j’enseigne à l’Ashmolean d’Oxford depuis quelques années maintenant.
Mes cours à Oxford me manquent vraiment, mais j’enseigne en ligne depuis le confinement, ce qui a été un long chemin d’apprentissage. Je ne suis pas la personne la plus techniquement intéressée, donc apprendre à monter des vidéos a été frustrant, mais cela a permis à des gens d’autres pays d’y participer. J’enseigne actuellement une masterclass sur les visages d’Opus Anglicanum. Dans les prochains mois, je pense que je vais lancer une nouvelle classe sur la couchure et les appliqués. Pas mal de gens sont aussi intéressés par suivre une classe sur une Grande Faucheuse en Opus Anglicanum. Je vais probablement continuer avec ça bientôt.

Avez-vous constaté des changements dans la façon dont les gens interagissent avec la broderie depuis que vous avez commencé?
Hmmm, dur de répondre. Je pense qu’il y a plus de projets communautaires comme la tapisserie de Towton maintenant, alors que mes intérêts personnels se sont éloignés du style de Bayeux pour des choses plus tardives. J’ai récemment fait des trucs dans le style de Bayeux et j’en ai redécouvert le charme. L’une des choses qui m’a poussé vers un art plus tardif était que plus d’une personne me voyant en costume à distance, disait bruyamment «Oh mon Dieu, pas une autre tapisserie de Bayeux! » et s’en allait sans même regarder ce que je faisais!
Malheureusement, le joli coussin en tapisserie de Bayeux que je viens de fabriquer a été adopté par mon chat, Branston, et disparaît donc actuellement sous une épaisse couche de duvet gris.

Femme sur un âne (La Fuite en Egypte) © Opus Anglicanum
Darwin © Opus Anglicanum

Recevez-vous des commandes? Si oui, pour quel genre de travail?
Mmm, je fais des commissions, mais seulement si je trouve le projet intéressant en premier lieu, et je ne suis pas bon marché! De plus, je dois aimer la personne pour qui cette broderie est prévue, sinon c’est comme donner un chaton à une personne en qui vous n’avez pas confiance. Parfois, je vends des pièces finies. Je voudrais en mettre quelques-unes en ligne car ma boîte de tests est vraiment un peu trop pleine maintenant.

Avez-vous dû envoyer un de vos kits dans un endroit inattendu?
Non, pas vraiment, mais j’ai dû envoyer un kit en Russie une fois, ce qui était difficile car le site Web de la poste anglaise ne pouvait pas reconnaître un code postal dans l’alphabet russe, mais j’ai fini par réussir.

Vous avez brodé une très grande pièce d’Islande – combien de temps cela a-t-il pris? Pourquoi ce travail? Avez-vous acquis plus de connaissances sur leurs traditions de broderie?
Je l’ai vue dans le catalogue de l’exposition Magrede Kalmar (je pense que c’était à la fin des années 90) et j’ai été frappée par les similitudes avec la tapisserie de Bayeux, mais aussi par sa sophistication tant dans la conception que dans l’exécution. J’ai correspondu avec le directeur du musée, qui avait très peu d’informations. Il a pu me dire que les visages étaient en soie et que le reste était de la laine posée et couchée. J’ai donc dû faire des suppositions plus ou moins éclairées et de la rétro-ingénierie à partir des images disponibles. Par exemple, les petits cercles qui joignent les images principales ont des barres de couchure radiales, ce qui signifie que le travail couché devait être circulaire, et si vous regardez de près, vous pouvez clairement voir que la couchure de contour est largement utilisée.

Celui que j’ai fait, l’Antependium de Rejkjahlid, m’a séduit parce que c’était une fusion intéressante de travail appliqué et couché avec des techniques de l’Opus Anglicanum. Les autres œuvres sont considérées comme appartenant au même groupe mais sont beaucoup plus simples avec des visages en laine. L’Islande était un marigot intéressant car non seulement elle était géographiquement éloignée, elle était également gouvernée de l’extérieur et n’avait pas été autorisée à utiliser sa propre monnaie pendant longtemps. L’Antependium que j’ai fait n’était pas le seul projet de fusion intéressant. Le Holar Antependium utilise non seulement la technique du travail posé et couché jusqu’au 16ème siècle (quand dans le reste de l’Europe tous les brodeurs étaient passé à la technique du crewel work élisabéthain), mais il combine du fil d’or et des bijoux appliqués. Je pense que les règles imposées ont en fait abouties une créativité unique en Islande.

L’Antependium m’a pris environ un an et demi, ce qui m’a surpris à l’époque car je m’attendais à ce que ce soit aussi rapide que les autres pièces de Bayeux que j’avais faites auparavant. Je n’avais pas pris en compte des choses comme le remplissage de tout le fond ou le niveau de détail avec des contours doubles et parfois triples. Quand je l’ai terminé, je suis passée à un projet presque aussi grand, basé sur l’Arche de Noé de l’apocalypse Beatus de Liebanas. L’image était simple car elle datait d’une période antérieure et je l’ai brodée en trois mois à peine.

Antependium de Rejkjahlid © Opus Anglicanum

Où trouvez-vous votre matériel?
J’ai réfléchi au projet de la réplique de l’Antependium pendant des années. A un moment, j’ai décidé de teindre naturellement tous les fils, alors j’ai trouvé une laine appropriée et je l’ai teinte. L’achat de laine à broder pour la teinture est d’un coût prohibitif, car il faut vraiment penser en termes de kilos de fils pour que cela en vaille la peine, alors j’ai cherché des fournisseurs de tissage et de tricot – le fil de laine que j’utilise actuellement est un fil de laine Blue Face Leicester (note de la traductrice – c’est un mouton anglais qui fournit une laine proche du mohair), en poids Dentelle, proche du poids de l’Appleton Crewel.

Sirène bleue © Opus Anglicanum
Réplique en broderie du Psautier de Luttrell / fait partie d’une série de tapisseries murales d’environ 1,50 sur 60 cm en laine © Opus Anglicanum
Réplique en broderie du Psautier de Luttrell / fait partie d’une série de tapisseries murales d’environ 1,50 sur 60 cm en laine © Opus Anglicanum

Écoutez-vous de la musique médiévale pendant que vous brodez – pour être dans l’ambiance?
Pas vraiment, je suis plus susceptible d’écouter un livre audio sur la Rome antique. En ce moment, je suis en train de broder et de regarder The Worst witch, ou d’écouter les Mille navires de Natalie Haynes qui raconte l’histoire de l’Iliade du point de vue des femmes. J’ai un diplôme en littérature classique et j’ai toujours aimé l’histoire des femmes, donc j’apprécie ce livre! Mais j’écoute surtout des livres audio de non fiction. J’écoute parfois de la musique médiévale, mais mes goûts sont assez divers et j’écoute beaucoup d’autres choses aussi. Je n’écoute pas vraiment de musique pendant que je travaille parce que ça me donne envie de me lever et de danser comme un folle, mal en plus! Le Scientifique travaille à domicile depuis Noël et il n’y a littéralement aucun chevauchement entre nos goûts musicaux, donc tout ce que j’écoute fini par l’irriter.

Parade de pénis © Opus Anglicanum
Remède contre les mecsplications © Opus Anglicanum

Comment créez-vous vos kits / patrons?
Je ne fais que reproduire des images qui m’amusent, et si d’autres personnes veulent les acheter, elles peuvent le faire. Je ne choisis pas mes motifs en fonction de leur potentiel commercial – les rares fois où j’ai essayé de le faire, cela n’a pas fonctionné, alors je me fais simplement plaisir. Ou parfois, le Scientifique trouvera quelque chose et insiste pour que je le brode et en fasse un kit. Il est préférable de le faire ou il me harcèle … Le motif Remède pour les mecsplication* est son idée. Il m’a cassé les pieds jusqu’à ce que j’en vende un!
*De mansplaining – explications fournies par un homme de manière paternaliste à une femme qui en sait plus que lui sur le sujet…

Quels sont vos projets?
En ce moment, je filme les derniers tutoriels pour une masterclass d’Opus Anglicanum en ligne et je viens de mettre les derniers points de broderie à un adorable petit homme vert.
J’ai en tête un joueur de cornemuse inspiré d’une sculpture de la cathédrale de Beverly. Je le ferai en tant que projet autonome pour un kit lorsque j’aurai le sentiment que j’ai besoin de rompre avec des projets plus importants. Je dois aussi me lancer dans quelques autres projets en ligne pour le congrès médiéval international de l’Université de Leeds (je fais normalement un cours en personne mais tout est en ligne cette année) et un autre pour un plus petit symposium médiéval en mai.

Sac au cheval © Opus Anglicanum

J’ai passé une semaine de congé sur un projet personnel, qui est une mise à jour de l’allégorie des Trois Vivants et des Trois Morts pour les temps modernes. J’ai utilisé trois morts d’un manuscrit original et les ai placés sous une arche de chemin de fer victorienne décrépite, avec trois jeunes hommes modernes – l’un prend joyeusement un selfie avec les morts, le deuxième dessine un graffiti sur le mur arrière et un autre est sur son ordinateur portable, ignorant tout le monde. Il y a près de cinquante briques dans l’arche, et je les ai faites selon les techniques de l’Opus Anglicanum, donc chacune doit être faite individuellement. J’en ai fait environ la moitié en une semaine, et quand je m’essoufflerai, je choisirai les projets pour les tutoriels. Puis, une fois qu’ils ne seront plus sur la route, je combinerai le projet Trois Vivants et Morts avec mon quatrième fantasme de Luttrell, celui du paysan, que j’ai abandonné il y a deux ans pour commencer à écrire mon livre. Il est fixé à son cadre, et attend d’être retendu et brodé. Je dois finir les bœufs et puis je peux m’amuser à offrir au garçon du laboureur une tunique à carreaux Burberry et des baskets Nike parce que j’aime cacher de petites choses modernes dans mes grandes tentures.

J’ai déjà fait les bêtes, les dragons et les musiciens. Plusieurs personnages de la série seront des princes (pour équilibrer les paysans) et des saints et des pécheurs. Les princes seront certainement les prochains après les paysans parce que je sais ce que seront les choses modernes à ajouter alors que j’ai du mal à trouver la chose moderne à cacher chez les saints, donc j’ai besoin de plus de temps pour réfléchir à ceux-là.
A long terme j’aimerais faire une réplique de la chasuble Syon en remplaçant tous les saints par des icônes rock. Cela prendra des années, mais je pense que ça fonctionnera ! Je ne suis pas fan d’Elvis, mais je pense que je pourrais m’amuser à broder un Gros Elvis de Las Vegas en Opus Anglicanum…

Blog – https://opusanglicanum.wordpress.com/
Instagram – https://www.instagram.com/opusanglicanum/

Réplique de l’Arche de Noé de l’apocalypse Beatus de Liebanas © Opus Anglicanum

Le contenu de ce site est accessible gratuitement et n’est pas modifié par de la publicité. Ce travail prend du temps et pour être sûre de pouvoir continuer à faire connaitre nos artistes et l’art de la broderie, j’ai besoin d’un peu d’aide. Si une fois à l’occasion vous pouvez faire un petit don, je vous en serai très reconnaissante ! Merci! Claire

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